09 novembre 2005
La citation du jour
| « Les relations sexuelles en dehors du mariage font tοujours objесtivement du mаl à la femme, même si elle y consent ou les désire pour de bon. » |
| Jean-Paul II |
Je la copie, car elle vaut son pesant de cahouètes !!!! Franchement, à part pour mon second accouchement sans péridurale, je ne vois pas de quoi il veut causer. Et pourtant, je vis dans le pêcher péché. Tout en haut là haut là haut ... Et je n'ai pas l'intention de descendre de l'arbre. Oubah oubah ...
Banlieues : la grande colère
Je viens de regarder cette émission spéciale de France 3. Première partie intéressante. A part Catherine Matausch, aux propos déplacés, incapable de prononcer correctement le nom de Magyd Cherfi, absolument inconsciente du poids des mots (je n'ose imaginer qu'elle ait pensé tout ce qu'elle a pu dire), le débat est constructif. La seconde est bien moins intéressante, et les remarques de Raoult, comme d'habitude, puantes. Quelques remarques à méditer tout de même ...
D'un rappeur, du groupe Tandem (pardon, ce n'est pas ma musique... je n'ai pas retenu son pseudo) : quand on fait une tentative de suicide, c'est pour attirer l'attention sur soi. En brûlant leurs quartiers, les "jeunes" ne font rien d'autre qu'une tentative de suicide collective. Bien vu. Et encore ceci : "La France, je la baiserai jusqu'à tant qu'elle m'aime". On passera, pour cette fois, sur l'idée qu'on peut être aimé de celle qu'on convoite en la violant ; il y aurait trop à en dire. Le cri de désespoir s'entend toutefois.
Magyd Cherfi (là, c'est Zebda, et comme diraient les djeunz, je kiffe grave) : "A mon fils qui a onze ans, je lui dis : "tu es français, mais ...". " Il y a de quoi chialer. Ca peut paraître con, mais il ne m'était jamais venu à l'idée que Magyd Cherfi puisse ne pas être français. Malgré "le Bruit et l'Odeur", ou "Je crois que ça va pas être possible". Ce mec représente la générosité de la France, l'idéal qui est gravé au fronton de nos bâtiments publics. Et quand on l'écoute parler, on croirait parfois entendre Nougaro. C'est dire ...
La collègue de Bobigny : si les jeunes brûlent des voitures, c'est parce qu'ils ne possèdent pas les mots pour exprimer leur révolte. C'est tellement vrai. En même temps, j'ai beau aimer profondément Racine, je ne pense pas que c'est lui qui résoudra les problèmes liés à l'urbanisme et aux discriminations dans ce pays. Mais oui, même à Bobigny, on a droit à Racine. Que les élèves aiment qu'on les considère ... comme des élèves *normaux* ! Qu'on leur laisse le droit d'accéder à la même culture que les autres. L'égalité est aussi là.
Je reviens à Magyd Cherfi (ben, il me touche ce mec) ... Son petit discours sur l'intégration impossible des Maghrébins et des Noirs Africains m'a amené à cette réflexion : on a "intégré", plus ou moins facilement, les Italiens, les Portugais, les Espagnols, les Polonais qui sont arrivés tout au long de ce siècle pour bosser chez nous. Ca n'a pas toujours été facile, mais ça s'est fait. Les Portugais, qui sont arrivés en même temps que les Arabes et les Noirs, ne sont plus discriminés, ou alors de manière extrêmement marginale. Alors qu'ils continuent à faire des allers-retours entre la France et le pays, qu'ils vivent aussi en groupes (mon père s'est mis au Portugais en arrivant dans un village à 60% "portugais" - naturalisés et deuxième génération compris). Quelle différence entre les Portugais et les habitants basanés des cités ? Un flash ... mais c'est bien sûr : le Portugal est à égalité avec la France. Histoire d'explorateurs et de colonisateurs, histoire européenne parallèle à la nôtre. Alors que, finalement, les Arabes et les Noirs, ce ne sont jamais que d'anciens colonisés, d'anciens "indigènes". Oui, je reviens un peu sur ce que j'avais écrit au sujet de Kelman. Pas sur tout. Mais la France blanche a certainement un vieux fond raciste, dont elle a du mal à se défaire.
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Je sens que les prochains à chercher des infos sur Zebda et son représentant le plus connu sur Google vont arriver là. Sachez, si vous n'avez jamais écouté, que leur musique est excellente. Passé "Tomber la chemise", bien sûr ...
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Pour Eric Raoult (l'assassin qui a failli me rouler dessus Bld Saint-Germain, un certain soir de mai 1995 ...) : il espérait que Zidane viendrait au secours de la République en danger. Pas entendu Zidane. Mais qu'il se console, Thuram a réagi aux "événements". Enfin, pas comme il l'espérait, j'imagine : il semblerait qu'il n'aime pas certains mots, prononcés par certain personnage qui pense à 2007 le matin en se rasant.
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Autre pensée du soir : la loi qu'on remet au goût du jour, qui consiste, comme je l'ai déjà écrit, à mettre un nouveau couvercle sur la cocotte, a servi deux fois depuis sa promulgation, lors des "événements" d'Algérie, et en Nouvelle-Calédonie, au plus fort des autres "événements" qui ont touché cette île à la fin des années 80. Encore des histoires de "colonisés", d'"indigènes" qui se révoltent ????
Merde si ça vous emmerde. Mettons les pieds dans le plat !
08 novembre 2005
La sinusite des banlieues
Bon, cette histoire d' "émeutes" m'émeut. Me travaille. M'exaspère. Non, je ne parle pas de ces gosses ou ces jeunes adultes qui brûlent le bien commun et le bien privé de leurs voisins. Quoique. Non, je parle, encore une fois, de la manière dont les "élites" traitent le problème.
Le dernier remède proposé est le recours à l'état d'urgence. Pour éviter les nuits chaudes, nous allons avoir droit au couvre-feu. Personne dehors après 22h, si j'ai bien compris. C'est oublier que la nuit tombe bien plus tôt ces temps-ci, et que les esprits comme les voitures n'attendent pas 22 heures pour s'enflammer. C'est un détail, passons. Surtout, c'est traiter les symptômes, sans traiter les causes. D'où mon titre ... Cela me fait penser à une sinusite chronique qui m'a travaillée de nombreuses années, revenant régulièrement à l'assaut de ma petite santé, se traduisant par des maux de tête handicapants, donnant lieu à des traitements antibiotiques réguliers (non, je le jure, je ne suis pas responsable de TOUT le trou de la sécu !), m'empêchant même parfois de travailler. Des années à jongler avec cette saloperie, à voir le doc bien plus souvent que je l'aurais souhaité ... jusqu'au jour où je me suis rendue chez un ORL. Diagnostic : tout cela n'était qu'une manifestation supplémentaire de mon allergie aux acariens : en traitant correctement l'allergie, la sinusite a disparu.
Que fait aujourd'hui le gouvernement ? Avec le couvre-feu, il fait la même chose que mon généraliste : des antibiotiques pour calmer la crise, ou, si vous préférez, un couvercle plus lourd sur la cocotte, au lieu de traiter les problèmes de fond.
Des cauthères sur des jambes de bois, encore et toujours, que l'apprentissage à 14 ans (comme si cela donnait un travail, après l'apprentissage ! comme s'il n'y avait pas des diplômés dans les "émeutiers" du jour !), l'augmentation des moyens dans l'éducation nationale (pour quels programmes ? quelles pédagogies ? toujours les mêmes conneries gniagniantesques et meirieutiques ????), ou le rétablissement des moyens supprimés aux associations.
On veut agir dans les banlieues, mais c'est toute la société qui doit se remettre en cause : les entreprises qui ignorent bien des CV pour un nom ou une adresse mal venus, les classes moyennes et supérieures qui ne veulent pas de pauvres ni de basanés chez elles, l'éducation nationaledont les bonnes intentions n'ont jamais fait qu'enfoncer les ZEP. Les politiques qui font tous le même diagnostic, à savoir que le problème est né avec les grands ensembles, sans avoir le courage d'en tirer les conséquences : il faut en finir avec les ghettos que sont devenus ces grands ensembles, et plus vite que cela !!!!!
Oui, ces émeutes m'exaspèrent. Parce qu'elles étaient évitables. Parce qu'elles traduisent un gâchis humain et social indescriptible. Parce qu'elles sont le reflet de notre égoïsme. Parce qu'elles sont un des symptomes de cette si belle société de consommation, vantée à longueur d'antenne aux gosses qui regardent TF1, M6 et les clips de MTV, et y offrent leur cerveau à Coca-Cola. Nous avons une opportunité unique de remettre les choses à plat. Mais comme d'hébitude, une fois le feu éteint, nous allons reprendre comme avant, en attendant que ça explose de nouveau, dans un, deux, cinq ou dix ans ... Déplorable !
03 novembre 2005
Sarko crache en l'air
et il croit qu'il pleut !
Le spectre de Sarko président s'éloigne tranquillement ces temps-ci ... Sa femme-mascotte l'a quitté, ses bourdes lui reviennent en pleine face violemment, et il peut encore s'estimer heureux : les révoltés du temps restent dans leurs quartiers pour tout casser sans distinction (les écoles et leurs voitures, comme les commissariats et les magasins), et Neuilly comme le XVIème échappent à leur fureur. Il faut dire que l'ancien maire de Neuilly n'a pas fait grand chose pour les rapprocher de ses électeurs naturels, ceux qui craignent la "racaille" sans jamais fréquenter les jeunes dans les cités en difficulté. Deux mondes qui vivent en parallèle, sans jamais se croiser. Deux mythes qui s'affrontent : celui de la "racaille" et celui des "bourges". Et notre gouvernement, Sarko en tête, entre dans ce jeu pervers, et prend position clairement en envoyant les forces de l'ordre pour écraser ladite "racaille". Les appels au calme de Villepin ne sont finalement qu'un passage de pommade, de la poudre de perlimpimpin ... Il faut respecter les populations qui vivent dans les cités, mais on ne leur propose rien d'autre qu'un retour au calme méthode flashball et grenades lacrymogènes.
Au fil de mes réflexions, j'en reviens toujours au même point : la seule solution est de casser les ghettos. 20% de logement social à Neuilly (aujourd'hui, 2,6%), 20% dans le XVIème, 20% à Trappes ... Cela, notre gouvernement est bien loin de pouvoir l'entendre. Comme les précédents d'ailleurs. Au mieux, ils font du traitement social dans les cités, des ZEP ... mais ils parquent toujours les misères. Mon quartier compte environ 20% de logement social, le reste appartenant au secteur privé (surtout des propriétaires d'ailleurs) : c'est très bien pour tout le monde. Dans la classe de ma fille, un nom à particule cohabite très bien avec un enfant d'immigrés africains récents, et d'enfants issus de milieux plus ou moins favorisés/défavorisés. Au parc, les styles se confondent, du chicos au boubou. Personne ne s'en plaint à ma connaissance, et je suis persuadée que les enfants ne peuvent en tirer que des bénéfices à long terme. Malheureusement, ce quartier calme et agréable à vivre est connu comme la "zone" dans le reste de la commune, qu'on peut classer comme succursale moderne de Versailles. Ignorance, mythes ... Pourtant, il n'y a qu'une route à traverser pour se rencontrer. Mais une route, ça ne se traverse, pas chez nous, ça se prend. Si nous sortions de nos voitures, peut-être verrions-nous le monde autrement ?
En attendant, Sarko est en train de se griller ... ça fait au moins une bonne nouvelle.